Saggi di Andrea Vitali

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A propos de "1582 Gosselin Jean"

La signification de l'ancien jeu des chartes pythagorique(s)

 

A propos de: 1582 Gosselin Jean: "La signification de l'ancien jeu des chartes pythagorique(s) ..."

 

 

Gosselin

 

 

- La plus ancienne référence française connue d'une lecture pythagoricienne du Jeu de cartes ordinaires?

I. Une lecture pythagoricienne?

II. En conformité avec la théorie platonicienne des Éléments exposée dans le Timée

 

Droits de propriété intellectuelle: 

BOUGEAREL Alain Jacques de la Société des Gens de Lettres de France (SGDL) - auteur traducteur préfacier adhérent de la Société Française des Intérêts des Auteurs de l'Ecrit (SOFIA)

 

A propos de: 1582 Gosselin Jean: "La signification de l'ancien jeu des chartes pythagorique(s) ..."

 

INTRODUCTION

 

L’essai de Jean Gosselin, Garde de la Bibliothèque du Roi de 1560 à 1604 est édité en 1582. Le lecteur peut consulter cet ouvrage dans son édition d’origine sur:

 

https://books.google.fr/books?id=65s9VoMc6Q4C&pg=PT49&lpg=PT49&dq=jean+gosselin+chartes +pythagorique&source=bl&ots=0u40qTv6KO&sig=EX6y6qiJXFIAQmXYTfYTH4llXsY&hl=fr&sa=X& ved=0ahUKEwjYnI6J2pPOAhVC2xoKHfmnAj4Q6AEIJDAC#v=onepage&q=jean%20gosselin%20chartes%20pythagorique&f=false

 

Une Notice bibliographique le décrit dans ces termes:

 

"Jean Gosselin fut bibliothécaire du roi Henri III. Le terme " pythagorique " renvoie certes à l'ordonnancement du monde en quatre éléments. Il témoigne aussi de l'usage exacerbé du qualificatif au XVIe siècle: on l'accolait à tout objet en rapport avec les nombres ou la numération, afin de le colorer d'une fausse patine d'antiquité et de sagesse; ainsi des cartes à jouer"

 

(Cf: Cartes à jouer: la référence à l'antique Jean Gosselin. La Signification de l'ancien jeu des chartes pythagorique...

- Paris: s. n. [G. Corbin?], 1582. - In-8. [8 V 27 (2) inv 1997Rés(p.4)

http://www-bsg.univ-paris1.fr/ExposVirtuelles/exposvirtuellesreserves/jeu/enseignes.htm)

 

Cette opinion fait quelque part écho à à celle exprimée il y a 25 ans par Franco PRATESI: http://www.naibi.net/A/44-PHYTHAG-Z.pdf

 

Cette appréciation est-elle conforme au contenu du texte?

 

L’essai consacré au Jeu de chartes pythagoriques comporte une trentaine de pages. La lecture attentive de l‘ouvrage n’est certes pas facilitée de prime abord car il est écrit en Français classique de la seconde moitié du XVIème avec une ponctuation à finalité orale et non encore fixée comme en Français moderne tout comme l’unité linguistique de la phrase avec sa majuscule initiale et sa ponctuation finale. Toutefois, avec un peu d’attention, la langue écrite dont use Gosselin devient intelligible.

 

Relève t il vraiment d’une “patine” pompeuse pseudo “pythagorique” avec seulement une correspondance des quatre couleurs d’avec les quatre éléments, caractérisation propre à la pensée occidentale?

 

PREMIERE PARTIE: Une lecture pythagoricienne?

 

La Notice bibliographique le décrit en ces termes:

 

La règle du jeu ou "comment l'on doit jouer" III - ... aux enseignes et honneurs À la fin du XIVe siècle surgit une nouvelle famille de jeux, d'origine orientale, appelée à une stupéfiante vitalité: les jeux de cartes, qui abolissent les frontières entre mondes ludiques populaire et savant, et dont l'Europe devient un centre de production et de diffusion sans égal. Leur origine est liée à la généralisation de la fabrication du papier et aux débuts de la gravure sur bois, mais aussi à l'éveil d'une civilisation profane. La répartition en enseignes (ou couleurs) existe dès l'abord, même si elle prend des formes différentes selon les pays. Elle s'inscrit dans une pensée occidentale qui, de façon récurrente, recourt à quatre catégories pour ordonner des notions: dans La signification de l'ancien jeu des chartes pythagorique, Jean Gosselin assimile en 1582 les quatre couleurs aux quatre éléments pythagoriciens (eau, air, terre, feu).

 

Le ressort des premiers jeux de cartes est souvent le pari, où l'influence des jeux de dés est encore sensible. La séparation véritable entre jeux de "flambeurs" et jeux "bourgeois", voire "de famille", n'interviendra réellement qu'au XIXe siècle. Entre temps, l'âge baroque aura vu naître et s'affirmer, entre 1580 et 1700, plusieurs jeux appelant stratégie et calcul, désormais codifiés par l'imprimé: piquet, hombre, reversis, whist, tarot”. (Cf: Cartes à jouer: la référence à l'antique Jean Gosselin. La Signification de l'ancien jeu des chartes pythagorique...

 

- Paris: s. n. [G. Corbin ?], 1582. - In-8. [8 V 27 (2) inv 1997Rés(p.4)

http://www-bsg.univ-paris1.fr/ExposVirtuelles/exposvirtuellesreserves/jeu/enseignes.htm

 

L'essai de Gosselin repose sur une lecture pythagoricienne du Jeu des 52 cartes ordinaires à enseignes françaises - spécifiquement du Jeu dit de Trente et Un. La date d’apparition de ce jeu populaire en Europe dès le XVème siècle est difficile à situer dans le temps. Toutefois, l’on sait avec certitude que Rabelais le mentionne, dans les Jeux de Gargantua, sous la dénomination: "A Trente et Ung". Rabelais énonce quelque deux cent quatorze jeux en vogue à son époque parmi lesquels le jeu de cartes “A Trente et ung” (Rabelais, Gargantua, Livre I, chapitre XXII) De Marey cité en Note 15, suppose que “C’est apparemment ... le Jeu que nous appelons Trente et quarante, où celui qui a trente et un, ou celui qui s’en approche le plus, a gagné”.

 

Rabelais

 

https://books.google.fr/books?id=-Is9AAAAYAAJ&pg=PA401&dq=le+jeu+de+cartes+31&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj98r3N x9LOAhXG2xoKHcYoAT44ChDoAQhPMAg#v=onepage&q=le%20jeu%20de%20cartes%2031&f=false

 

PREMIERE PARTIE: Une lecture pythagoricienne?

 

La Notice bibliographique le décrit en ces termes:

 

La règle du jeu ou "comment l'on doit jouer" III - ... aux enseignes et honneurs À la fin du XIVe siècle surgit une nouvelle famille de jeux, d'origine orientale, appelée à une stupéfiante vitalité: les jeux de cartes, qui abolissent les frontières entre mondes ludiques populaire et savant, et dont l'Europe devient un centre de production et de diffusion sans égal. Leur origine est liée à la généralisation de la fabrication du papier et aux débuts de la gravure sur bois, mais aussi à l'éveil d'une civilisation profane. La répartition en enseignes (ou couleurs) existe dès l'abord, même si elle prend des formes différentes selon les pays. Elle s'inscrit dans une pensée occidentale qui, de façon récurrente, recourt à quatre catégories pour ordonner des notions: dans La signification de l'ancien jeu des chartes pythagorique, Jean Gosselin assimile en 1582 les quatre couleurs aux quatre éléments pythagoriciens (eau, air, terre, feu).

 

Le ressort des premiers jeux de cartes est souvent le pari, où l'influence des jeux de dés est encore sensible. La séparation véritable entre jeux de "flambeurs" et jeux "bourgeois", voire "de famille", n'interviendra réellement qu'au XIXe siècle. Entre temps, l'âge baroque aura vu naître et s'affirmer, entre 1580 et 1700, plusieurs jeux appelant stratégie et calcul, désormais codifiés par l'imprimé: piquet, hombre, reversis, whist, tarot”. (Cf: Cartes à jouer: la référence à l'antique Jean Gosselin. La Signification de l'ancien jeu des chartes pythagorique...

 

- Paris: s. n. [G. Corbin ?], 1582. - In-8. [8 V 27 (2) inv 1997Rés (p.4)

http://www-bsg.univ-paris1.fr/ExposVirtuelles/exposvirtuellesreserves/jeu/enseignes.htm

 

L'essai de Gosselin repose sur une lecture pythagoricienne du Jeu des 52 cartes ordinaires à enseignes françaises - spécifiquement du Jeu dit de Trente et Un. La date d’apparition de ce jeu populaire en Europe dès le XVème siècle est difficile à situer dans le temps. Toutefois, l’on sait avec certitude que Rabelais le mentionne, dans les Jeux de Gargantua, sous la dénomination: "A Trente et Ung". Rabelais énonce quelque deux cent quatorze jeux en vogue à son époque parmi lesquels le jeu de cartes “A Trente et ung” (Rabelais, Gargantua, Livre I, chapitre XXII) De Marey cité en Note 15, suppose que “C’est apparemment ... le Jeu que nous appelons Trente et quarante, où celui qui a trente et un, ou celui qui s’en approche le plus, a gagné”.

 

Rabelais

https://books.google.fr/books?id=-Is9AAAAYAAJ&pg=PA401&dq=le+jeu+de+cartes+31&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj98r3N x9LOAhXG2xoKHcYoAT44ChDoAQhPMAg#v=onepage&q=le%20jeu%20de%20cartes%2031&f=false

 

La lecture du Jeu de Trente et ung à laquelle se livre Gosselin est la plus ancienne référence littéraire française d’une approche pythagoricienne comme le suggère Michael S Howard.

 

Une analyse explicitement pythagoricienne du jeu de cartes ordInaires fut offerte par Jean Gosselin en 1582, dans un livre dont le titre débute par "La signification de l'ancien jeu des chartes pythagorique..."

 

Après avoir présenté les rudiments de la théorie musicale pythagoricienne, Gosselin commence le chapitre en affirmant:

 

Après avoir expliqué le plus familièrement qu'il nous a été possible, les proportions des nombres, les consonances et Harmonies qui en proviennent: il convient declarer les secrets qui sont cachés en ce jeu des cartes - lequel a été inventé et mis en usage par quelques hommes savants en Philosophie Pythagorique: Attendu que les Pythagoriques affirmaient qu'il y a de très grands secrets de nature cachés sous les nombres; Et aussi, que la plus grande victoire du jeu des cartes consiste au nombre de trente et un, lequel selon ses parties contient une très excellente Harmonie comme nous le démontrons présentement.

 

.... Ce qui suit est son application du Pythagorisme aux cartes, et en particulier à un jeu nommé le Trente et Un. A ce point, je vais résumer sa présentation en ajoutant, entre parenthèses, quels sont, selon moi, les principes pythagoriciens impliqués.

 

1. Gosselin observe que chacune des trois figures, dans chaque série des enseignes, a une valeur en points de dix qui est la somme de 1+2+3+4. De plus, les cartes numérales qui sont au nombre de dix dans chacune des quatre séries des Enseignes, avec pas davantage que dix symboles des enseignes peints sur elles, n’excèdent pas dix en points (Cette relation entre 4 et 10 est celle de la Tetractys Pythagoricienne: 1+2+3+4 = 10)

 

2. Les quatre enseignes correspondent aux quatre éléments. (Qu’il y ait quatre éléments est un postulat du Pythagorisme et de la plupart des philosophies de l’Antiquité. Mais, en général, les Pythagoriciens étaient à la recherche des rapports et des points communs entre les membres de différents groupes naturels d'un même nombre, corrélés par l'observation. En particulier, ils avaient noté que les ratios du poids des marteaux produisant différentes tonalités avaient les mêmes proportions les uns aux autres que celles de la longueur des cordes produisant des tonalités similaires. Gosselin discute de la longueur des cordes [vibrantes] dans le chapitre précédent; Nicomachus, dans son Manuel d'Harmonique, disait que Pythagoras examina différents marteaux frappant une enclume, une histoire que répète Iamblichus (Life of Pythagoras, trans.Taylor, 1986 reprint, p. 62 in Google Books) et plusieurs autres auteurs - et même figuré sur le Campanile de Florence.

 

(image ci-dessous) 1437 (Christina Joost-Gaugier, Pythagoras and Renaissance Europe: Finding Heaven, 2009, p. 147 and p. 292 notes 10 and 11, citant John Pope-Hennessy, Lucca della Robbia, 1980, p. 33).

 

 

Pythagoras

 

 

La théorie musicale pythagoricienne avait pour fondement l’identification de ces ratios. D’autres proposèrent ultérieurement des correspondances reliant ensemble des groupes naturels de quatre; e.g., Aristote dans De Caelo analyse les quatre éléments et les quatre saisons en fonction des combinaisons communes des quatre qualités: sec, humide, chaud et froid. Les auteurs chrétiens relièrent les quatre éléments aussi en relation avec les tempéraments en correspondance d’avec les quatre animaux dans Ezekiel et Révélation ainsi qu’aux quatre Évangélistes. Cette façon de penser trouve son origine dans le Pythagorisme)

 

(Image: https://www.bluffton.edu/homepages/facstaff/sullivanm/italy/florence/duomomuseo/reliefscampanile3.html)

 

3. Entre l'enseigne française des Carreaux (carrelages de sol?) et la Terre existe le point commun de supporter des choses pesantes. Entre les Piques et le Feu existe le point commun du caractère pénétrant et d'être chacun le plus pénétrant de son groupe. Les Coeurs (dans nos corps) sont en relation de dépendance d'avec l' Air. Les Trèfles sont en relation de dépendance d'avec beaucoup d' Eau. (Cette façon de procéder est conforme à la manière pythagoricienne de mettre en évidence des relations. Clairement ce n'est pas la seule façon dont les correspondances pourraient être établies)

 

4. En ce qui concerne "la plus excellente harmonie" du jeu, Gosselin observe qu'en musique, les séries de diapasons (que nous appellerions octaves) sont composées de notes en parfaite “consonance” l'une avec l'autre. Il y a diapason quand le rapport existant entre deux cordes vibrantes est de 2.1. D'où, une série de quatre diapasons à partir de l'unité: 1+ 2+4+8+16. (Ceci est une application aux “4” Enseignes de la théorie musicale pythagoricienne - exposée dans le chapitre précédent de son livre).

 

5. La somme de 1+2+4+8+16 est de 31, soit le plus grand nombre de points possibles au jeu de Trente et Un. (Cette série en fait fut utilisée par Nicomachus comme partie de la méthode de génération des dits nombres “parfaits”: Introduction to Arithmetic, trans.D'Ooge, pp. 210-211. Je remercie Steve Mangan and Alain Bougearel sur Tarot History Forum pour ce point et cette référence). En conséquence, même si le nombre 31 comme somme des quatre premières “consonances” musicales n’appartenait pas à la théorie musicale pythagoricienne présentée par Gosselin dans son chapitre précédent, l’emploi de telles sommes est certainement une technique typiquement pythagoricienne).

 

6. Pour toutes ces raisons, selon son point de vue, le jeu est propre à illustrer la philosophie pythagoricienne.

 

Ma conclusion est que Gosselin a en fait, mis, dans un cadre pythagoricien, toutefois de façon arbitraire, les quatre enseignes du jeu français et quelques unes des principales caractéristiques du jeu de Trente et Un, spécifiquement la valeur maximale des ponts possibles pouvant être gagnés à 31. Cependant, il n'a pas prouvé que le jeu de cartes ainsi que la façon de jouer aient été conçus en ayant présent à l’esprit des principes pythagoriciens- encore moins quant aux enseignes françaises qui n'apparaissent qu'autour de 1470, bien après la standardisation des 4 suites du jeu de cartes. De plus, d'autres nombres de suites ont vu le jour auparavant mais; mis à part le cas particulier des suites du Tarot, elles n'eurent pas de postérité. Cela provient peut-être du fait que 4 créerait les conditions d'un meilleur jeu que 3 ou 5, sous réserve qu'il y ait 2- 4 joueurs. En outre, le nombre 4 possède une signification en-dehors du Pythagorisme, par exemple les quatre coins d'un jeu de table, ou bien sûr les quatre saisons etc - en dehors de l'arithmologie pythagoricienne. Que les Enseignes françaises du jeu de cartes soient des carreaux, des trèfles, des coeurs et des piques n’est sans doute pas dû aux associations aux quatre éléments:  les relations proposées sont plutôt artificielles. Quand je pense à l ‘ Air par exemple, le “Coeur” n’est pas quelque chose qui me vienne naturellement à l’esprit. Il existe de meilleures explications pour les Enseignes françaises en relation avec les jeux antérieurs - germaniques ou latins.Pour ce qui est du nombre 31, il s’agit simplement du résultat généré par les règles du jeu. Qu’il appartienne à un nombre d’une série pythagoricienne n’est pas surprenant car de nombreux nombres faisaient partie des séries pythagoriciennes. Quant à 10, c’ est un nombre aisé pour faire la somme des points lors d'une partie. Il pourrait bien y avoir d'autres considérations, en fonction des règles de ce jeu spécifique.

(Cf: Michael S HOWARD http://tarotarithmologique.blogspot.com/2016/11/in-appreciation-of.html )

 

L’analyse minutieuse du Dr Michael Howard établit de façon juste et argumentée que le Livret de Jean Gosselin se situe clairement dans un cadre authentiquement pythagoricien: “a Pythagorean framework”.

 

DEUXIEME PARTIE: une analyse pythagoricienne avec conformité avec la théorie platonicienne des Éléments exposée dans le Timée?

 

La répartition en enseignes (ou couleurs) existe dès l'abord, même si elle prend des formes différentes selon les pays. Elle s'inscrit dans une pensée occidentale qui, de façon récurrente, recourt à quatre catégories pour ordonner des notions : dans La signification de l'ancien jeu des chartes pythagorique, Jean Gosselin assimile en 1582 les quatre couleurs aux quatre éléments pythagoriciens (eau, air, terre, feu).(Notice bibliographique de Gosselin Jean, Bsg Université de Paris I, op.cit).

 

Ce témoignage, unique dans son genre semble-t-il, s’inscrit dans une référence explicite à l’ Antiquité. L'analyse de Gosselin se déploie dans un cadre pythagoricien comme l'écrit Michael S HOWARD dans sa conclusion. La référence à l'Antique se limite-t-elle à Pythagoras ou est-elle plus large: y a - t-il une connotation indiscutablement platonicienne? Et si oui, laquelle?

 

L’ influence supposée du Pythagorisme sur le Platonisme n’est pas si évidente que cela: http://revistadefilosofia.com/11-3.pdf.

 

Toutefois, un lien non mis en relief par les spécialistes est suggéré par Jamblique dans la Theologoumena affirmant que Speusippus, le fils de Potone, la soeur de de Platon et en charge de l’ Académie avant Xenocrates, aurait rédigé un livret à partir des écrits pythagoriciens notamment de Philolaus. Speusippus, le fils de Potone, la soeur de Platon, et à la tête de l’ Académie avant Xenocrates, compila un livret très bien présenté à partir des écrits pythagoriciens tenus particulièrement en estime à un moment donné, et tout spécialement à partir des écrits de Philolaus; il intitula le livre A propos des Nombres pythagoriciens. Dans la première moitié du livre, il expose avec élégance les nombres linéaires, les nombres polygones et toutes sortes de nombres plans, nombres solides [polyèdres] et les cinq figures associées aux éléments de l’univers, discutant à la fois de leurs attributs propres et de leurs caractéristiques partagées, et de leur proportionnalité et réciprocité. “Speusippus, the son of Plato's sister Potone, and head of the Academy before Xenocrates, compiled a polished little book from the Pythagorean writings which were particularly valued at any time, and especially from the writings of Philolaus; he entitled the book On Pythagorean Numbers. In the first half of the book, he elegantly expounds linear numbers, polygonal numbers and all sorts of plane numbers, solid numbers and the five figures which are assigned to the elements of the universe, discussing both their individual attributes and their shared features, and their proportionality and reciprocity.” (Theologoumena, op. cit) La référence pourrait être pertinente non seulement quant à la diffusion par écrit des Nombres figurés pythagoriciens, du lien de fraternité entre Platon et de sa soeur Potone et de la principale source de la compilation attribuée à Speusippus: Philolaus. Il est non seulement à l'origine de la tradition écrite du Pythagorisme mais Platon lui-même aurait suivi ses enseignements.

 

Philolaos naît probablement en Italie, à Crotone3. Pupille et transcripteur de Pythagore, après la mort de son maître (vers -497/-75) et durant la persécution des pythagoriciens, il vit à Crotone. Il aurait été l'un des survivants de l'incendie de l'École de Crotone avec Lysis de Tarente et Archippe de Tarente (-440). Philolaos, contraint de fuir, se réfugier d'abord Thèbes-de-Lucanie (en Lucanie). Vers -400, il écrit son livre: pour la première fois, le pythagorisme n'est plus oral. En -399, Lysis de Tarente, réfugié à Thèbes, y meurt; Philolaos va honorer sa tombe, et c'est durant ce voyage qu'il s'entretient avec Cébès de Thèbes qui conte sa rencontre à Platon. Platon s'empresse d'aller suivre son enseignement et celui d'Eurytos [de Tarente] en Italie, vers -389/-3886 Une légende veut que, démuni, Philolaos se résolut à vendre son livre à Platon (peut-être au cours du 3e voyage en Sicile de ce dernier, en -360) ou que ce livre fut vendu à Platon par un ancien élève ou par ses parents après sa mort. Il mourut vers -390 à Tarente.

 

(https://fr.wikipedia.org/wiki/Philolaos_de_Crotone) Qui plus est.

 

L'ordre des Éléments offert par Gosselin dans Chartes pythagoriques n’est pas fortuit; cet ordre s’avère en parfaite conformité à celui décrit par Platon dans le Timée. Il y a là non pas une vague énumération quelconque des Éléments mais bien un ordre de succession spécifique: pas n’importe lequel mais bien celui du Timée.

 

Que Platon ne soit pas à l’origine de cette théorie probablement héritée d’Empédocle n’est pas la question ici. Ce qui importe, c'est son expression dans le Timée et la connaissance qu’en avait ou non Gosselin.

 

Bien sûr, certains esprits penseront que l’explication donnée par Gosselin de la hiérarchie des Éléments entre eux relève non d’une lecture de Platon mais du sens commun: la Terre étant en-dessous de l’Eau avec l’Air au-dessus et finalement le Feu.Pourquoi pas?

 

Toutefois, Gosselin tout au long de son petit Traité ne se livre pas à une présentation des cartes ordinaires selon le sens commun n’est-ce pas? Il en fait une lecture pythagoricienne. Et pour expliciter les correspondances Couleurs / Éléments, il recourt, non à une hiérarchie quelconque mais à celle-là même ’exposée par Platon dans le Timée. Maintenant, il est aussi possible d’envisager qu’il ait eu recours à d’autres sources antiques.

 

Lettré et Bibliothécaire du Roi, il a très probablement eu accès aux manuscrits antiques accessibles à son époque... Est-ce que ce sont les oeuvres de ces Anciens dont il parle dans son Epistre dans l’ordre suivant:

 

1. “Platon” 2. “Aristote” 3. “quelques philosophes pythagoriques”

 

Mon hypothèse, en l’état actuel, demeure inchangée: la correspondance qu’établit Gosselin entre les 4 Éléments et les 4 Couleurs est en conformité à l’exposition qu'en donne Platon dans le Timée que Gosselin a dû lire et méditer ... La découverte des possibles sources d’inspiration de Gosselin infirmera ou confirmera, modifiera voire affinera cette hypothèse.

 

Premièrement, il convient de considérer qu'en un jeu de cartes vulgaires, il y a quatre manières de caractères qui sont carreaux, trèfles, coeurs et piques. Lesquels nous représentent les quatre Éléments dont toutes choses naturelles sont composées. Ces Éléments sont situés et disposés au monde selon l'ordre suivant. La Terre est le plus pesant de tous et au milieu des trois autres Éléments, soutient sur soi et en soi, toutes choses pesantes; l'Eau est moins pesante que la Terre et est répandue à l'alentour de la Terre en plusieurs endroits. L'Air est plus léger que l'Eau - c'est pourquoi, il environne l'Eau et la Terre. Et le Feu qui est le plus léger de tous, est par-dessus l'Air - lequel il environne de toutes parts et touche le ciel de la Lune.

 

Les carreaux qui sont peints sur les cartes signifient la Terre: car tout comme la Terre soutient toutes choses pesantes, de même les carreaux sont propres à soutenir les choses pesantes que l'on met dessus eux. Les trèfles qui sont peints sur les cartes nous représentent l'Eau car le Trèfle est une herbe qui croît en milieu humide et se nourrit de l'eau qui l'arrose. Les coeurs qui sont peints sur les cartes nous signifient l'Air - c'est que nos coeurs ne peuvent pas vivre sans air. Les piques qui sont peints sur les cartes nous représentent le Feu parce que le Feu est le plus pénétrant des quatre Éléments à l'instar des piques qui sont des instruments de guerre très pénétrants.

 

Et de chacun des caractères cités sont marquées treize cartes en un jeu qui valent, somme toute, cinquante deux cartes.

 

(Transcription en Français modernisé: http://forum.tarothistory.com/viewtopic.php?f=11&t=1102&start=160#p17344)

 

Quelle est l’origine de la Théorie des Eléments? On la trouve dans Empédocle mais avec une hiérarchie différente.

 

Le texte fondateur se trouve chez Empédocle (vers 460 av. J.-C.):

 

«Connais premièrement la quadruple racine De toutes choses: Zeus aux feux lumineux, Héra mère de vie, et puis Aidoneus, Nestis enfin, aux pleurs dont les mortels s'abreuvent».

 

Ce texte peut être interprété de deux manières différentes : on peut penser que Zeus, dieu de la lumière céleste, désigne le Feu ; Héra, son épouse, l'Air ; Aidoneus (Hadès), dieu des enfers, la Terre ; et Nestis (Poséidon) l'Eau. Mais Stobée, lui, y associe à Héra la Terre (principe féminin) et à Aidoneus l'Air (principe masculin). Empédocle ajoute aux quatre éléments matériels deux forces spirituelles. Diogène Laërce le dit à propos d'Empédocle: « Ses théories étaient les suivantes : il y a quatre éléments, le feu, l'eau, la terre et l'air. L'Amitié les rassemble et la Haine les sépare» (VIII, 76). L'ordre ou la hiérarchie des éléments est également sujette à interprétation. D'après la première interprétation présentée ci-dessus, Empédocle nomme les éléments dans l'ordre suivant, sans expliquer pourquoi: Feu, Air, Terre et Eau.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Quatre_%C3%A9l%C3%A9ments

 

Aristote lui confirme l’ordre Air Eau Terre telle que Platon l’expose dans le Timée. Aristote, se fondant sur l'idée que la chaleur s'élève et qu'il y a toujours de la terre sous l'eau, établit la série: Feu, Air, Eau et Terre. https://fr.wikipedia.org/wiki/Quatre_%C3%A9l%C3%A9ments

 

La correspondance établie par Gosselin est identique à celle de la Genèse du Corps du Cosmos par le Démiurge “D'abord que le Feu, la Terre, l'Eau et l'Air soient des corps, cela est sans doute évident pour quiconque. .... Le Démiurge a placé l'Air et l'Eau entre le Feu et la Terre. Ces Éléments au nombre de quatre ont formé le corps du Cosmos. Harmonisé proportionnellement, celui-ci est Amitié." (PLATON, Le Timée)

 

La hiérarchie des Éléments est donc: Terre / Eau / Air / Feu

 

Cet ordre des 4 Eléments est bien celui sur lequel se fonde Gosselin pour établir les correspondances d’avec les 4 Couleurs du Jeu des cartes ordinaires. La corrélation établie par Gosselin est donc parfaitement en accord avec l’ordre des Éléments donné par Platon dans le Timée.

 

Par contre, l'explication qu’il offre pour justifier de ces correspondances des Éléments d’avec les Couleurs - la pesanteur respective des Éléments ( du plus lourd “lourd”, la Terre , au moins “lourd”, le Feu) hiérarchisés depuis le plus stable (la Terre) jusqu’au plus léger (le Feu) pose problème. On pressent là une ascension verticale liée à la densité des Éléments.

 

Les analogies qu'il propose entre Éléments / Couleurs semblent de son invention. En effet, l’analogie pythagoricienne la plus orthodoxe légitimant leur hiérarchie serait non directement celle de la pesanteur (argument de Gosselin) mais leurs “puissances” respectives dans la Tétrade: Chaleur / Feu Froid / Air Humidité / Eau Sécheresse / Terre.

 

Et il y a évidemment quatre Éléments (Feu, Air, Eau et Terre) et leurs puissances (Chaleur, Froid, Humidité et Sécheresse) qui sont disposés dans les choses selon la nature de la tétrade “And there are evidently also four elements (fire, air, water and earth) and their powers (heat, cold, wetness and dryness), which are disposed in things according to the nature of the tetrad”. (Jamblique Theologoumena)

 

Que Gosselin ait été l'inventeur de ces correspondances ne diminue en rien sa légitimité, dans le cadre d’une lecture pythagoricienne, de le faire. En effet, Gosselin se situe légitimement dans une tradition pythagoricienne historiquement attestée de lier ensemble les quatre Eléments. A ce titre, les propositions furent multiples et diversifiées: (CAIAZZO Irène, La forme et les qualités des éléments: lectures médiévales du Timée https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00795246/document)

 

S'il est vrai que Gosselin n’a rien d’un historien des cartes, et que sa croyance que le jeu aurait été créé par quelques esprits savants en Pythagorisme n’est en rien confirmée par la recherche contemporaine, son Jeu des chartes pythagoriques demeure un témoignage rare et peut être unique dans l’histoire des cartes d’une lecture indéniablement pythagoricienne avec des références implicites à la genèse des Éléments en parfaite conformité avec le Timée de Platon.

 

CONCLUSION

 

La question au demeurant serait la suivante: savoir si oui ou non, ce Bibliothécaire du Roi, lettré, a eu accès à des textes platoniciens, aristotéliciens et pythagoriciens ... et si oui, lesquels?

 

Une chose est certaine.

Quelque part, son jeu des chartes pythagoriques est consécutif au renouveau du Pythagorisme en France; citons Trithème, Reuchlin, Lefevre d Etables, Champier, Bouelles, Bude, Amy, Lefebvre de la Beauderie...

 

Le seul Lefèvre d'Etaples publia et commenta:

 

- l'Arithmétique de Boèce (1503, 1510, 1522), - celle de Nemorarius (1514) - De cubitione spherae, De quadratura circuli (1503) - Rithmimachiae ludus qui et pugna numerorum appellatur (1496. 1514)

 

A propos de cette liste non exhaustive de ceux qui propageaient ces idées en France à partir de Marcile Ficin, je soulignerais les figures de D’Etaples et de son disciple Champier

 

1483 D'Etaples est a Florence y rencontre Ficin et Pic de la Mirandole et decide de traduire le Pimandre: Mercurii Trismegisti liber de potestate et sapientia Dei

 

Lazarelli de Septempedano converti à la religion chrétienne en lisant les écrits d'Hermes, compose le Crater Hermetis qui sera intégré au corpus Hermeticum publié par D'Etaples en le 1 avril 1505 chez H Etienne

 

D Etaples jont donc le dialogue de Lazarelli à la traduction du Pimandre par Ficin et à celle de l 'Asclepius par le Pseudo Apulée.

 

Les 2 grandes oeuvres d 'Hermes Trismegiste y sont réunies dans un seul ouvrage, avec un commentaire par chapitre

 

Michael Howard souligne, entre autres indications à ce sujet, Quant aux connections entre Lazarelli et Champier, que l intermédiaire fut, selon le Pr Hannegraff un certain “Mercurio” que Lazarelli rencontra à Rome en 1481.

 

Champier publia en 1507 les Definitiones Asclepiii traduites par Lazarelli. inconnues de D’ Etaples.

 

En 1508, une Theologia Trismegista

Comment découvrit-il ces textes alors que Lazarelli était décédé en 100

Selon K Ohly, le maitre de Lazarelli, Jean Mercure de Corregio se rendit en Franec pour ce faire.

(Cf Michael Howard: http://forum.tarothistory.com/viewtopic.php?f=11&t=1102&start=610#p20122)

 

A mon sens, cet opuscule de Jean Gosselin ne fut pas apprécié à sa juste valeur.

 

L’ oeuvre s’inscrit dans la mouvance du renouveau des idées pythoriciennes et platoniciennes en France, possède un cadre pythaoricien et sa symbolique des 4 Couleurs relèverait de la hiérarchie platonicienne des 4 Eléments.

 

Note

 

Hypothèse spéculative relative aux correspondances Eléments: Couleurs “inventées” poa Gosselin

 

Si Gosselin est bien à l’origine de ces correspondances comme on peut raisonnablement le supposer, quelles corrélations ont pu l’ inspirer?

En guise de spéculation hautement hypothétique…

 

Sachant - qu’il s’agit d’un lettré en charge de la Bibliothèque royale et qu’il a dû lire Empédocle, - qu’il cite dans l’ Epistre du jeu des chartes pythagoriques, parmi ses références Platon, Aristote, et quelques philosophes pythagoriques - qu’il fait aussi allusion à Cicéron dans son Jeu de Paume, petit opuscule qui suit son Jeu des chartes pythagoriques

 

il n’est pas interdit d’imaginer: - qu’il ait d’abord positionner la Terre et le Feu comme le préconise Platon. Le Démiurge a placé l'Air et l'Eau entre le Feu et la Terre.

 

Les solides de Platon jouent un rôle déterminant dans la philosophie de Platon, à partir duquel ils ont été nommés. Platon, dans le dialogueTimée (env. 358 av. J.-C.), associait chacun des quatreéléments (la Terre, l'Air, l'Eau et le Feu) avec un solide régulier. La Terreétait associéeavec le cube (Timée, 55d), l'Air avec l'octaèdre, l'Eau avec l'icosaèdre et le Feu avec le tétraèdre. Il existait une justification pour ces associations: la chaleur du Feu semble pointue et comme un poignard (comme un peu le tétraèdre). L'Air est constitué de l'octaèdre; ses composants minuscules sontsi doux qu'on peut à peine les sentir. L'Eau, l'icosaèdre, s'échappe de la main lorsqu'on la saisit comme si elle était constituée de petites boules minuscules. Le solide le plus stable, l'hexaèdre (cube), représente la Terre. Ces petits solides font de la poussière lorsqu'ils sont émiettés et se cassent lorsqu'on s'en saisit, une grande différence avec l'écoulement doux de l'eau”.

 

Piques mis en relation avec l'Élément Feu “dont la chaleur semble pointue et comme un poignard (comme un peu le Tétraèdre)” et Carreaux / Terre (idée de pesanteur et de densité) comme carreaux de carrelage du latin quadrus signifiant carré, élément constitutif du Cube?

 

Les deux autres Éléments relèveraient d’une référence implicite à l’ Antique. S’est-il souvenu de la philosophie stoïcienne du romain Cicéron? Les Stoïques localisaient le Coeur entre le siège des pensées (le cerveau) et le siège des appétits (l’estomac) : c’est là dans la poitrine que siège le Coeur identifié au Souffle? Gosselin, érudit, savait par ailleurs que L’étymologie du mot coeur en latin cordis renvoyait aussi à cette signification : Coeur / Anima / Souffle, donc Air ... L’enseigne restante, le Trèfle, ne pouvait par conséquent que correspondre à l'Élément Eau. Gosselin ici encore ne pouvait ignorer que Empédocle invoque Nestis c’est à dire Poséidon comme déité de Elément Eau. Les Trois pointes du Trident neptunien et les trois feuilles du Trèfle? De surcroît, seul symbole du monde végétal succédant au monde minéral? Rien ne le prouve ...mais on peut l’imaginer.

 

TEXTE DE GOSSELIN: transcriptions et traductions

 

1. Transcriptions libres du Français classique en Français modernisé par BOUGEAREL Alain

 

Dédicace et Epistre pp 1-10 http://forum.tarothistory.com/viewtopic.php?f=11&t=1102&p=17197&hilit=gosselin#p17197

 

Préface pp. 11-16 http://forum.tarothistory.com/viewtopic.php?f=11&t=1102&p=17209&hilit=gosselin#p17209

 

Première partie pp 17 -20 http://forum.tarothistory.com/viewtopic.php?f=11&t=1102&p=17211&hilit=gosselin#p17211

 

Deuxième partie pp 21-30 http://forum.tarothistory.com/viewtopic.php?f=11&t=1102&p=17235&hilit=gosselin#p17235

 

Troisième partie pp 30-40 http://forum.tarothistory.com/viewtopic.php?f=11&t=1102&start=160#p17344

 

2. Traductions libres du Français modernisé en Anglais modernisé par MANGAN Steve:

 

Preface: getting to know the meaning of the game of cards.

http://forum.tarothistory.com/viewtopic.php?f=11&t=1102&start=140#p17218

 

To demonstrate how consonances and harmonies are born of the proportions belonging to music  http://forum.tarothistory.com/viewtopic.php?f=11&t=1102&start=140#p17237

 

The meaning of the images and the characters of the game of cards: and how the said game represents the composition of each natural thing. http://forum.tarothistory.com/viewtopic.php?f=11&t=1102&start=220#p17453